La rénovation d'une cuisine se chiffre au mètre linéaire de meubles, pas au mètre carré de pièce. Comptez 1 000 à 4 000 euros pour un rafraîchissement, 6 000 à 15 000 euros pour des meubles, un plan de travail et un électroménager neufs posés, plus de 20 000 euros si l'eau et l'électricité changent de place.
L'essentiel du budget
- Les cuisinistes chiffrent au mètre linéaire : de 400 à 800 euros le mètre en kit, de 1 000 à 2 000 euros en milieu de gamme, de 2 500 à 5 000 euros sur mesure.
- Les meubles, le plan de travail et l'électroménager pèsent les deux tiers du montant. La pose et la main-d'œuvre représentent le tiers restant.
- Déplacer l'évier ou remettre l'installation électrique à la norme ajoute 1 300 à 4 000 euros, et c'est le poste qui fait déraper les devis.
- Le délai de fabrication des meubles, de 4 à 12 semaines, dure plus longtemps que la pose elle-même, qui prend 3 à 10 jours.
Ce que coûte une rénovation de cuisine
Une cuisine se rénove rarement à moitié. Soit on garde l'implantation et on change ce qui se voit, soit on dépose tout et on repart des murs nus. Entre ces deux extrêmes, le prix est multiplié par dix, alors que la pièce mesure toujours 9 ou 12 m². C'est l'ampleur de l'intervention qui commande le budget, jamais la taille de la pièce, et le tableau ci-dessous chiffre les trois cas de figure que rencontrent la plupart des particuliers.
| Ampleur des travaux | Ce que comprend le projet | Prix pour 9 à 12 m² |
|---|---|---|
| Rafraîchissement | Peinture des murs, remplacement des façades et des poignées, nouvelle crédence, robinetterie neuve, meubles conservés | 1 000 à 4 000 euros |
| Cuisine neuve, implantation conservée | Dépose de l'ancienne cuisine, meubles et plan de travail neufs, électroménager, pose, raccordements au même endroit | 6 000 à 15 000 euros |
| Rénovation lourde | Cloison ouverte ou évier déplacé, réseaux d'eau et tableau électrique repris, sol et plafond refaits, cuisine sur mesure | 15 000 à 30 000 euros |
Le mètre linéaire, l'unité qui compte en cuisine
Le prix au mètre carré est l'unité habituelle de la rénovation d'un logement, et il reste utile pour comparer deux appartements ou estimer une opération globale, comme l'explique notre guide du prix de rénovation d'une maison au m2. Appliqué à une cuisine, il ne veut plus rien dire. Deux pièces de 10 m² identiques peuvent recevoir 3 mètres de meubles bas dans un cas et 7 mètres de meubles bas et hauts plus un îlot dans l'autre. Le coût suit le linéaire de mobilier, pas le sol.
Les professionnels de la cuisine chiffrent donc au mètre linéaire, c'est-à-dire par mètre de meubles alignés le long du mur. Cette unité rend les comparaisons possibles entre deux propositions qui ne portent pas sur la même implantation, et elle explique pourquoi une petite cuisine en U revient souvent plus cher qu'une grande cuisine en I : le U développe davantage de linéaire, donc davantage de caissons, de façades et de plan de travail.
Le budget poste par poste
Une cuisine équipée neuve se décompose en six postes, auxquels s'ajoute la main-d'œuvre. Les connaître séparément est la seule façon de lire une proposition chiffrée : un artisan qui annonce un montant global sans détailler ces lignes vous empêche de comparer, et souvent de négocier.
Les caissons, les façades et la quincaillerie
C'est le poste le plus lourd, entre 40 et 50 % du montant. Un meuble de cuisine se juge sur trois éléments que le prix reflète directement : l'épaisseur et la matière du caisson, la façade, et la quincaillerie. Un caisson en panneau de particules mélaminé de 16 mm tient parfaitement en cuisine si les chants sont correctement protégés contre l'humidité ; un caisson de 18 ou 19 mm, ou en contreplaqué, se déforme moins sous une charge lourde. La différence de tenue dans le temps se joue là, et rarement sur l'aspect de la façade. La couleur et la finition des façades relèvent du goût et se remplacent seules dix ans plus tard pour quelques centaines d'euros, alors qu'un caisson affaissé impose de tout redéposer.
Les fourchettes usuelles, par mètre linéaire de meubles posés au sol et en hauteur, se répartissent ainsi : de 400 à 800 euros pour une cuisine en kit à monter, de 1 000 à 2 000 euros en milieu de gamme chez un cuisiniste, de 2 500 à 5 000 euros pour du sur mesure réalisé par un menuisier. Une cuisine de 4 mètres linéaires coûte donc entre 1 600 et 20 000 euros selon la gamme, pour un aménagement visuellement comparable.
La quincaillerie est le détail qui se paie et qui se remarque à l'usage. Des charnières et des coulisses à amortisseur, avec sortie totale du tiroir, ajoutent 15 à 25 % au prix des caissons et constituent la différence la plus sensible entre une gamme d'entrée et un milieu de gamme.
Le plan de travail
Le plan de travail est le poste où l'écart entre les matériaux est le plus spectaculaire, à surface strictement identique. Le matériau retenu se choisit sur l'usage réel avant l'aspect : un béton ciré et une céramique ne se rayent, ne se tachent et ne se réparent pas de la même façon, et aucun des deux ne dépend de la taille de la cuisine.
| Matériau | Prix au mètre linéaire | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Stratifié | 40 à 120 euros | Craint l'eau stagnante au niveau des découpes d'évier |
| Bois massif | 100 à 300 euros | Demande une huile d'entretien une à deux fois par an |
| Inox (acier inoxydable) | 200 à 500 euros | Se raye visiblement, patine ensuite de façon homogène |
| Quartz reconstitué | 300 à 700 euros | Non poreux, mais sensible à la chaleur d'une casserole posée à vif |
| Granit | 300 à 600 euros | Pierre naturelle, à retraiter contre les taches selon la finition |
| Céramique | 400 à 900 euros | Le plus résistant à la chaleur et aux rayures, le plus cher à découper |
| Béton ciré | 150 à 400 euros | Appliqué sur place, sans joint, à protéger par un vernis renouvelable |
À ces prix s'ajoutent les découpes. Un évier sous plan, une plaque à encastrer et un passe-câble se facturent séparément dès qu'on quitte le stratifié : comptez 150 à 400 euros de découpes sur un quartz ou un granit, un poste que beaucoup de propositions chiffrées oublient de mentionner.
L'électroménager
L'électroménager encastrable pèse 1 500 à 5 000 euros pour un ensemble complet composé d'un four, d'une plaque, d'une hotte, d'un lave-vaisselle et d'un réfrigérateur. C'est le seul poste que vous pouvez acheter ailleurs que chez le poseur, et l'écart de prix entre un cuisiniste et un revendeur spécialisé dépasse souvent 20 % sur des références strictement identiques.
Attention toutefois à la cohérence des dimensions : un appareil acheté séparément doit correspondre aux cotes retenues sur le plan, et le professionnel qui pose la cuisine décline en général toute responsabilité sur un équipement qu'il n'a pas fourni. Demandez que le plan mentionne les références exactes avant de commander quoi que ce soit.
L'évier, la robinetterie et la hotte
Un évier en inox ou en résine se situe entre 100 et 400 euros, un modèle en céramique ou en granit composite entre 300 et 800 euros. La robinetterie va de 60 euros pour un mitigeur d'entrée de gamme à 500 euros pour un modèle à douchette extractible ou à eau filtrée. La hotte, enfin, coûte de 150 à 1 200 euros, et son mode d'évacuation a plus d'incidence sur les travaux que son prix : une hotte à extraction extérieure impose un percement de mur ou un conduit, là où un modèle à recyclage se pose n'importe où. Faire passer ce conduit au-dessus des meubles hauts suppose souvent de réaliser un faux plafond partiel, à prévoir dès l'étude : compté en moyenne 300 à 700 euros, il n'apparaît sur aucun catalogue.
La crédence, le sol et la peinture
La crédence protège le mur entre le plan de travail et les meubles hauts. Un panneau stratifié assorti au plan revient à 40 à 100 euros le mètre, une crédence en verre laqué sur mesure à 150 à 400 euros le mètre, un carrelage à 30 à 120 euros le m² posé selon le format et le calepinage.
Au sol, le carrelage reste le revêtement le plus courant en cuisine, entre 50 et 150 euros le m² fourni et posé. Le format des carreaux pèse sur la pose autant que sur le prix d'achat : de grands carreaux réduisent le nombre de joints, donc l'entretien, mais exigent un support parfaitement plan, ce qui ajoute un ragréage de 15 à 30 euros le m² dans un logement ancien. Le sol souple en PVC descend à 25 à 60 euros le m², et un parquet reste possible à condition de le protéger, comme le détaille notre comparatif du parquet et du sol stratifié. La peinture des murs et du plafond, enfin, représente 25 à 45 euros le m² traité si un peintre l'exécute, et c'est le poste que les particuliers gardent le plus souvent pour eux.
La pose et la main-d'œuvre
Les devis distinguent la fourniture et la pose, et cette seconde ligne se facture de deux façons : au forfait, entre 500 et 2 000 euros selon le nombre de meubles, ou en pourcentage du montant du mobilier, généralement de 10 à 15 %. Les tarifs horaires des corps de métier qui interviennent servent de repère pour vérifier la cohérence d'une proposition : un plombier facture 40 à 70 euros de l'heure, un électricien 35 à 65 euros, un carreleur 30 à 60 euros, un peintre 25 à 45 euros.
Une ligne mérite une attention particulière : la dépose et l'évacuation de l'ancienne cuisine. Elle représente 300 à 800 euros, comprend la mise en décharge des meubles et de l'électroménager, et disparaît régulièrement des propositions chiffrées, ce qui fausse toute comparaison entre deux artisans.
L'éclairage et l'aménagement intérieur, deux postes rarement chiffrés
Deux lignes manquent dans la plupart des propositions, alors qu'elles se ressentent tous les jours à l'usage : ce qu'il y a à l'intérieur des meubles, et la lumière qui tombe sur le plan de travail.
L'aménagement intérieur transforme un caisson en rangement utilisable. Un tiroir à l'anglaise avec séparateurs, un plateau tournant d'angle, une poubelle encastrée ou une colonne à épices coûtent de 50 à 300 euros pièce, et une cuisine complète en réclame facilement 500 à 1 500 euros. Le poste est souvent présenté comme une option, alors qu'un meuble bas à simple porte sans tiroir oblige à se baisser et à vider l'avant pour atteindre le fond. C'est là que l'espace disponible devient de l'espace réellement utile, quel que soit le style choisi pour les façades.
L'éclairage suit la même logique. Le plafonnier central place le cuisinier entre la source lumineuse et son plan de travail, donc dans sa propre ombre. Des réglettes sous les meubles hauts, comptées 30 à 150 euros par mètre selon le type de luminaire, corrigent ce défaut pour un montant marginal au regard du reste du projet. Prévoyez leur alimentation dès l'étude, car ajouter une ligne après la pose des caissons suppose de redéposer une partie de l'installation.
L'envie précède toujours le projet, mais le besoin se définit avant le plan, pas après : nombre de personnes qui cuisinent en même temps, appareils réellement utilisés, vaisselle à ranger. Cet inventaire commande l'agencement en I, en L, en U ou avec îlot, et il évite de payer des mètres de meubles qui resteront vides.
Plomberie et électricité : le poste qui fait déraper la facture
C'est ici que les projets s'écartent de leur budget initial. Tant que l'évier, la plaque et les arrivées restent à leur place, une cuisine neuve se pose sur des réseaux existants sans surcoût. Dès que l'implantation change, deux corps de métier reviennent avant la pose, et le montant grimpe de 1 300 à 4 000 euros.
Déplacer l'évier ou le lave-vaisselle
Déplacer une arrivée d'eau coûte 300 à 800 euros. C'est l'évacuation qui pose problème : elle descend par gravité et doit conserver une pente d'environ 1 à 3 cm par mètre. Sur quelques mètres, cette pente oblige souvent à surélever le meuble sous évier ou à saigner la dalle, et la facture atteint alors 500 à 1 500 euros. Une cuisine en îlot cumule les deux difficultés, l'eau et l'électricité devant traverser la pièce sous le sol.
Remettre l'installation électrique à la norme
La norme NF C 15-100 est plus exigeante en cuisine que dans n'importe quelle autre pièce, et c'est un point que les propositions commerciales détaillent rarement. Elle impose au minimum six socles de prise, dont quatre répartis au-dessus du plan de travail, en dehors des prises dédiées aux appareils encastrés. Elle impose aussi des circuits spécialisés : un circuit de 32 ampères pour la plaque de cuisson, et des circuits dédiés de 20 ampères pour le four, le lave-vaisselle et le lave-linge.
Une cuisine des années 1980 ou 1990 ne répond presque jamais à ces exigences. La mise en conformité représente 800 à 2 500 euros selon la distance au tableau électrique et la nécessité ou non d'ajouter des protections. Ce montant n'est pas négociable : un électricien qui pose une plaque à induction sur un circuit sous-dimensionné engage sa responsabilité, et la plupart refusent.
Cuisine en kit, cuisiniste ou menuisier : ce que change le mode d'achat
Trois circuits d'achat coexistent, et ils ne se distinguent pas seulement par le prix.
- La cuisine en kit. Vous choisissez des caissons de dimensions standard, vous les montez et vous les posez, ou vous confiez la pose à un artisan indépendant. C'est la solution la moins chère, à condition que les murs soient droits et que l'implantation soit simple. Aucun conseil n'est fourni sur l'ergonomie ni sur les raccordements.
- Le cuisiniste. Il conçoit le plan, vend les meubles et l'électroménager, et pose l'ensemble. Le prix intègre la conception et une garantie sur le résultat global. Le plan reste la propriété de l'enseigne tant qu'il n'est pas payé, ce qui limite la mise en concurrence sur une conception précise.
- Le menuisier. Il fabrique sur mesure, ce qui se justifie sur une pièce ancienne, un plafond haut, un mur en pierre ou une implantation atypique. Le coût par mètre est le plus élevé, mais l'ajustement au millimètre évite les habillages et les caches que réclame une cuisine standard dans un logement ancien.
Le budget pour une cuisine dépend également du circuit retenu, et le choix se fait moins sur l'esthétique que sur l'état de la pièce. Dans un logement ancien où aucun mur n'est d'équerre, le sur mesure rattrape des défauts qu'une cuisine standard oblige à masquer, et l'écart de prix se réduit une fois ces finitions comptées.
Combien de temps dure le chantier
La durée est le point sur lequel les particuliers sont le plus souvent surpris, parce qu'elle se joue avant l'arrivée des artisans.
Le délai de fabrication, qui ne dépend d'aucun artisan
Entre la signature et la livraison des meubles, il s'écoule 4 à 12 semaines. Ce délai correspond à la fabrication et à l'acheminement, il varie selon la gamme et la saison, et il ne se raccourcit pas. Un projet signé en avril pour une cuisine utilisable en mai n'est réaliste qu'avec des meubles disponibles en stock, c'est-à-dire du kit ou de l'entrée de gamme.
La semaine où la pièce est inutilisable
L'intervention elle-même est courte : 3 à 5 jours pour une cuisine posée sur des réseaux inchangés, 7 à 10 jours lorsque la plomberie, l'électricité et le sol sont repris. L'enchaînement est imposé, chaque corps de métier attendant le précédent. Les étapes se suivent dans cet ordre : dépose, puis plomberie et électricité, puis sol, puis pose des meubles, puis plan de travail, puis raccordements et finitions. Une étape retardée décale toutes les suivantes, ce qui explique qu'un artisan refuse d'installer les meubles avant que le carreleur soit passé.
Un point de calendrier a une conséquence pratique que peu de propositions mentionnent : sur un plan de travail en pierre ou en quartz, le mesurage se fait après la pose des caissons, et la découpe demande ensuite une à deux semaines. La cuisine reste donc utilisable sans plan pendant cette période, ou avec un plan provisoire. Prévoyez de quoi cuisiner autrement pendant une à trois semaines, selon l'ampleur du projet.
Les pièges du devis de rénovation de cuisine
Un devis de cuisine mélange deux natures de prestation, la fourniture de mobilier et des travaux du bâtiment, et c'est ce mélange qui rend la lecture difficile. Cinq points méritent d'être vérifiés systématiquement.
- Le plan coté est-il annexé ? Sans plan, aucune ligne n'est vérifiable : le nombre de caissons, leurs dimensions et le linéaire de plan de travail doivent figurer noir sur blanc.
- La dépose et l'évacuation sont-elles comprises ? C'est l'omission la plus fréquente, et elle vaut 300 à 800 euros.
- Les découpes du plan de travail sont-elles chiffrées ? Évier, plaque et passe-câble, chacun facturé à part sur les matériaux durs.
- Les raccordements sont-ils inclus ? Beaucoup de propositions couvrent la pose des meubles sans le branchement de l'eau, de l'évacuation et des appareils.
- Le taux de TVA est-il le bon ? Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, les travaux de rénovation relèvent du taux réduit de 10 %, main-d'œuvre et fournitures posées comprises. L'électroménager livré seul reste à 20 %.
Ces vérifications s'ajoutent aux mentions que tout document chiffré doit porter, détaillées dans notre article sur les mentions qui engagent l'artisan dans un devis de travaux. Sur le versement initial, l'usage du secteur est de 30 % à la commande, et il n'y a aucune raison d'aller au-delà : nos repères sur l'acompte d'un devis de travaux précisent les montants et les délais habituels.
Les questions que se posent les particuliers avant de signer
- Quel est le prix moyen pour rénover une cuisine ?
- Le prix moyen d'une rénovation de cuisine se situe entre 6 000 et 15 000 euros pour une pièce de 9 à 12 m² avec des meubles neufs posés et l'implantation conservée. Un simple rafraîchissement descend à 1 000 à 4 000 euros, une rénovation lourde avec réseaux déplacés monte à 15 000 à 30 000 euros.
- Comment estimer le budget d'un projet de cuisine ?
- Mesurez le linéaire de meubles prévu, multipliez-le par le prix au mètre de la gamme visée, ajoutez l'électroménager, puis comptez 30 % de plus pour la pose et la main-d'œuvre. Ajoutez enfin 1 300 à 4 000 euros si l'évier change de place ou si l'installation électrique doit être reprise.
- Quels matériaux choisir pour la rénovation de cuisine ?
- Le choix se joue surtout sur le plan de travail, qui subit la chaleur, l'eau et les coupures. Le stratifié convient à un budget serré, le bois massif demande un entretien annuel, le quartz et la céramique offrent la meilleure résistance. Pour les caissons, l'épaisseur du panneau et la protection des chants comptent plus que la matière de la façade.
- Quels sont les tarifs pour une cuisine sur mesure ?
- Une cuisine sur mesure réalisée par un menuisier revient à 2 500 à 5 000 euros du mètre linéaire, contre 1 000 à 2 000 euros pour du milieu de gamme standard. Le sur mesure se justifie dans un logement ancien aux murs irréguliers, où il évite les habillages que réclament des caissons de dimensions fixes.
- Comment réduire le coût de la rénovation de cuisine ?
- Le levier le plus efficace est de conserver l'implantation des arrivées d'eau et des évacuations, ce qui supprime le poste le plus imprévisible. Viennent ensuite l'achat de l'électroménager hors du poseur, la peinture réalisée soi-même, et le choix d'un plan de travail en stratifié avec des façades de meilleure qualité, plus visibles à l'usage.
- Quelles garanties couvrent une cuisine posée par un professionnel ?
- Les meubles et l'électroménager, qui se démontent sans abîmer le logement, relèvent de la garantie de bon fonctionnement de deux ans. Les travaux touchant le sol, les cloisons ou les réseaux encastrés relèvent de la garantie décennale. La garantie de parfait achèvement d'un an couvre par ailleurs tous les défauts signalés à la réception.
Où faire des économies qui ne se verront pas
Quatre décisions font baisser le montant sans se voir sur le résultat final. La première, et de loin la plus efficace, est de garder l'évier et l'évacuation à leur place : elle supprime le poste dont le coût est le plus difficile à anticiper. La deuxième est d'acheter l'électroménager en dehors du poseur, en s'accordant sur les références au moment du plan.
La troisième consiste à choisir où mettre la qualité. Un plan de travail en stratifié associé à des façades et à une quincaillerie de bon niveau donne une cuisine plus agréable au quotidien qu'un plan en pierre posé sur des caissons fragiles, pour un montant identique. La quatrième est de garder pour soi la peinture et la dépose, deux tâches sans technicité qui représentent facilement 800 à 1 500 euros de main-d'œuvre.
Une cinquième piste concerne les projets qui touchent plusieurs pièces. Faire intervenir le plombier et l'électricien une seule fois pour la cuisine et une autre pièce d'eau réduit les déplacements et les mises en route de chantier, une logique détaillée dans notre guide du prix d'une rénovation de salle de bain.
Un exemple de devis chiffré, ligne par ligne
Voici l'estimation d'un cas courant : refaire entièrement une cuisine de 10 m², soit 4 mètres linéaires de meubles en milieu de gamme, en conservant l'implantation existante. Les montants sont donnés toutes taxes comprises.
| Ligne du devis | Montant |
|---|---|
| Dépose de l'ancienne cuisine et évacuation en déchetterie | 500 euros |
| Meubles, 4 mètres linéaires en milieu de gamme | 5 600 euros |
| Aménagement intérieur : tiroirs, angle tournant, poubelle | 800 euros |
| Plan de travail stratifié, découpes de l'évier et de la plaque comprises | 480 euros |
| Crédence en verre laqué sur 3 mètres | 750 euros |
| Électroménager : four, plaque, hotte, lave-vaisselle, réfrigérateur | 2 600 euros |
| Évier et robinetterie | 450 euros |
| Réglettes d'éclairage sous les meubles hauts | 250 euros |
| Carrelage au sol, 10 m² fournis et posés | 900 euros |
| Peinture des murs et du plafond | 600 euros |
| Mise en conformité de l'installation électrique | 1 200 euros |
| Pose de l'ensemble et raccordements | 1 300 euros |
| Total | 15 430 euros |
Deux enseignements se lisent dans ce tableau. Les meubles et l'électroménager représentent à eux seuls 8 200 euros, soit plus de la moitié du total, alors qu'ils sont le seul poste sur lequel un changement de gamme fait varier le montant du simple au triple. Et la mise en conformité électrique, à 1 200 euros, pèse davantage que le sol et la peinture réunis, pour un résultat que personne ne verra.
Sur la taxe, un point mérite d'être vérifié ligne à ligne : les travaux et les équipements indissociables du logement relèvent du taux réduit de 10 % dans un logement de plus de deux ans, tandis que les appareils électroménagers restent en principe taxés à 20 %. Un document qui applique un taux unique à l'ensemble se trompe, dans un sens ou dans l'autre.
Aucune aide publique générale ne finance la rénovation d'une cuisine, puisqu'elle n'améliore ni la performance énergétique ni la salubrité du logement. La seule exception concerne l'adaptation au grand âge ou au handicap, avec des plans de travail réglables et des rangements accessibles, qui peut relever des dispositifs d'aide à l'adaptation du logement. Se voir promettre une subvention pour un projet de cuisine ordinaire doit alerter.
Comparer plusieurs devis sur une même base
Trois propositions ne se comparent que si elles portent sur le même projet. Avant de consulter, fixez par écrit le linéaire de meubles, la gamme visée, le matériau du plan de travail, la liste des appareils, et surtout ce qui est demandé en travaux : dépose, sol, peinture, déplacement ou non des réseaux. Sans ce cadre commun, l'écart entre deux montants mesure une différence de périmètre, pas une différence de prix. Quatre critères suffisent ensuite à départager des propositions comparables : le détail des lignes, la nature des matériaux annoncés, le délai ferme de livraison et l'ampleur des travaux réellement couverts.
Vérifiez ensuite que chaque professionnel consulté est assuré pour les travaux qu'il exécute, et conservez l'attestation. Les recours dont vous disposez après la réception, ainsi que leur durée, sont détaillés dans notre article sur les garanties après travaux. Enfin, une proposition très inférieure aux autres s'explique presque toujours par une ligne manquante plutôt que par un tarif plus bas : reprenez les cinq points de vérification ci-dessus avant de la retenir.








